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  • : Aborder les domaines de la physique enseignés en Math Sup. Donner sa place à des promenades littéraires. Rêver et sourire aussi (parfois même avant tout), parce que c'est tout bonnement bon et nécessaire :-)
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Bertran de Born

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 08:27
Voici quelques métaphores trouvée sous la plume de Malebranche.
A vous de retrouver l'idée que chaque image est censée illustrer :

« Quand un voyageur a pris par malheur un chemin pour un autre, plus il avance, plus il s'éloigne du lieu où il veut aller. Il s'égare d'autant plus, qu'il est plus diligent, et qu'il se hâte davantage d'arriver au lieu qu'il souhaite. »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. III, I,
RVa, p. 26.

 

« (...) un homme qui a de bons yeux ne s'avisa jamais de se les fermer, ou de se les arracher, dans l'espérance d'avoir un conducteur. »
Malebranche, ibid., L. II, p. 2, chap. III, I,
RVa, p. 27.

 

« On recherche les médailles anciennes quoique rongées de la rouille, et on garde avec grand soin la lanterne et la pantoufle de quelque ancien, quoique mangées de vers : leur antiquité fait leur prix. »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. III, II,
RVa, p. 29.

 
 
« Quand on est dans la presse [la bousculade, la foule] et dans la foule, il est difficile de ne pas céder au torrent qui nous emporte. »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. III, II,
RVa, p. 31.

 

« (...) il arrive souvent, qu'un homme fier et hardi, en maltraite d'autres plus forts, mais plus judicieux, et plus retenus que lui (...). »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. IV,
RVa, p. 36.

 

« Les hommes ne sentent pas la chaleur qui est dans leur coeur, quoiqu'elle donne la vie et le mouvement à toutes les autres parties de leur corps ; ils faut qu'ils se touchent et qu'ils se manient, pour s'en convaincre, parce que cette chaleur est naturelle. »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. VI,
RVa, p. 48.

 

« (...) ce que les ministres des princes font à l'égard de leurs maîtres (...) ces personnes ne permettent autant qu'ils peuvent, qu'à ceux qui sont dans leurs intérêts, ou qui ne peuvent les déposséder de leur faveur, de parler à leurs maîtres (...). »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. VII, II,
RVa, p. 64.

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commentaires

Sébastien Mallet 26/09/2006 17:41

Voici quelques indications sur l’origine de certaines de ces images.
a) (RV II, II, 3, § 1 ; OC I, 280) : Malebranche emprunte l’image à Descartes, pour l’employer toutefois différemment :
« Imitant en ceci les voyageurs qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, ni encore moins s’arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu’ils peuvent vers un même côté, et ne le changer point pour de faibles raisons, encore que ce n’ait peut-être été au commencement que le hasard seul qui les ait déterminés à le choisir : car, par ce moyen, s’ils ne vont justement où ils désirent, ils arriveront au moins à la fin quelque part, où vraisemblablement ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt. » (Discours de la Méthode, III ; AT VI, 24-25).

b) (RV II, II, 3, § 1 ; OC I, 281) : Malebranche est ici dans la droite ligne de Descartes :
« (...) comme sans doute il vaut mieux se servir de ses propres yeux pour se conduire, et jouir par le même moyen de la beauté des couleurs et de la lumière, que non pas de les avoir fermés et suivre la conduite d’un autre ; mais ce dernier est encore meilleur, que de les tenir fermés et n’avoir que soi pour se conduire » (Lettre Préface aux Principes de la Philosophie ; AT IX-2, 3).

c) (RV II, II, 3, § 2 ; OC I, 282) : Cette fois-ci, c’est du côté de Senault qu’il faut chercher :
« Ils font des trésors de cuivre et de laiton (...) et comme si l’Antiquité donnait du prix à toutes choses, ils estiment plus le visage d’Antonin ou de Marc Aurèle sur de l’airain que celui de Henri le Grand ou de Louis le Juste sur de l’or » (L’homme criminel, tr. V, disc. 10, p. 688)