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Bertran de Born

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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:00

Dans la série des prix Nobels 2006, celui de chimie :

 « Le prix Nobel de chimie met (...) sous les feux de la rampe l'un des acteurs de l'expression des gènes : l'appareillage qui transcrit l'ADN en un ARN. Roger Kornberg, de l'université de Standford, a été le premier à élucider la structure des multiples molécules qui participent à cette transcription chez les organismes eucaryotes (dont les cellules ont un seul noyau), mais aussi à en comprendre le fonctionnement à l'échelle moléculaire. La molécule essentielle à la transcription est une enzyme, une ARN polymérase, qui ne remplit son rôle qu'accompagnée de nombreux facteurs de transcription et autres molécules. Chacun de ces acteurs connus, restait à savoir comment ils coopèrent. R. Kornberg a multiplié les structures cristallines (mises au jour par l'étude de la diffraction des rayons X) qui sont autant d'instantanés de la mise en place du complexe de transcription. A partir de ces images, il a reconstitué le film du phénomène. Son nom a rejoint la liste des familles où père et fils ont été récompensés (Bragg, Bohr, Thomson, etc.), Arthur Kornberg ayant été honoré en 1959 pour ses travaux sur... l'ADN! »
L.M., Pour la Science, n°349, Novembre 2006.


Petits compléments :

 « L'Américain Roger Kornberg est récompensé pour ses travaux sur les bases moléculaires de la transcription génétique.
 
LA TRANSCRIPTION de l'information génétique contenue dans les chromosomes vers le reste de la cellule est l'une des étapes clés de la vie. Que ce mécanisme s'interrompe, comme c'est le cas sous l'effet de toxines secrétées par certains champignons, et l'ensemble de la machinerie cellulaire se grippe. L'organisme, incapable de renouveler sa propre substance - autrement dit ses protéines - dépérit et meurt en quelques jours. C'est pour avoir dévoilé, il y a seulement cinq ans, les mécanismes intimes de ce processus biochimique vital au sens propre du terme que l'Académie royale des sciences de Suède a décerné, hier midi, le prix Nobel de Chimie 2006 à l'Américain Roger Kornberg.
 
Âgé de 59 ans, ce professeur de médecine à l'université de Stanford (Californie) est, en effet, «le premier à avoir créé une véritable image montrant la transcription génétique à l'oeuvre chez les eucaryotes (1) [(1) Organismes mono ou pluricellulaires dont le noyau est délimité par une membrane, à la différence des bactéries (procaryotes) dont le seul chromosome baigne dans la cellule] » précise le comité Nobel dans son communiqué. Sur cette image, prise aux rayons X, on « voit » nettement l'ensemble des molécules impliquées : la double hélice d'ADN porteuse de l'information génétique, le brin d'ARN messager qui véhicule celle-ci vers les « usines » à protéines de la cellule et enfin, l'ARN polymérase, une énorme enzyme en forme de pelote de fil emmêlé qui sert de médium en assurant la transcription, le passage de relais entre les deux.  

A priori rien de bien nouveau, l'existence de ces trois composés étant connue depuis des dizaines d'années. Sauf que, selon le comité Nobel, Roger Kornberg est parvenu à stopper le processus, « de façon ingénieuse » en ôtant de la solution expérimentale les « briques » chimiques indispensables à sa poursuite. A savoir les fameuses bases A, T, C et G dont l'ordonnancement sur les molécules d'ADN, puis d'ARN, détermine le code génétique qui sera ensuite « lu » par la cellule pour synthétiser les protéines correspondantes. Résultat : l'ARN messager, l'ADN et l'ARN polymérase apparaissent figés en pleine action. Un peu comme lorsqu'on appuie sur le bouton « pause » d'un magnétoscope pour analyser en détail le geste d'un sportif. Une précision d'horlogerKornberg a ainsi pu montrer que l'ARN polymérase forme une minuscule cavité dans laquelle ne peut se nicher que la base qui s'apparie avec celle située à ce moment-là sur le brin d'ADN. Autrement dit un « A » pour un « T », ou un « C » pour un « G » et réciproquement dans les deux cas. La molécule d'ARN se forme ainsi de proche en proche en reproduisant de manière inversée la séquence de l'ADN qui a servi de modèle. Le tout avec une précision d'horloger : moins d'une erreur de transcription sur dix mille ! Au delà, des pathologies graves apparaissent : cancers, troubles cardiaques ou maladies inflammatoires.« C'est splendide ! Ce Nobel récompense des années d'effort et de travail acharné pour parvenir à purifier ces molécules issues de levures, à les cristalliser et à obtenir au final cette fabuleuse image » se réjouit Jean-Marc Egly, directeur de recherche Inserm à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) de Strasbourg.
 
Très ému en apprenant sa nomination Roger Kornberg a aussitôt rendu hommage « aux plus de 50 collaborateurs qui ont participé à ces travaux » ainsi qu'à son père, Arthur, décoré du Nobel de Médecine en 1959 pour des travaux sur l'ADN. »
Marc Messnier, « Le Nobel de chimie pour une photo de la vie »,
Le Figaro, 5 Octobre 2006.

 

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