Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : PCSI : un autre regard
  • PCSI : un autre regard
  • : Aborder les domaines de la physique enseignés en Math Sup. Donner sa place à des promenades littéraires. Rêver et sourire aussi (parfois même avant tout), parce que c'est tout bonnement bon et nécessaire :-)
  • Contact

Bertran de Born

Archives

16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 09:27
Sans l'avoir prévu, l'évocation récente de Schopenhauer nous ramène à Malebranche (et réciproquement, Malebranche, dans la suite de son texte, nous ramène à... Schopenhauer ; mais réservons ce parallèle pour une prochaine fois ;-)) :
« Pour éclaircir les choses, il faut savoir que nous ne pouvons apprendre quoi que ce soit, si nous n'y [15] apportons de l'attention ; et que nous ne saurions guère être attentifs à quelque chose, si nous ne l'imaginons, et nous ne la représentons vivement dans notre cerveau [ou comment on retrouve que le schéma recopié, ou imaginé avant d'être réalisé, aide et nourrit la réflexion]. Or, afin que nous puissions imaginer quelques objets, il est nécessaire que nous fassions plier quelque partie de notre cerveau, ou que nous lui imprimions quelque autre mouvement pour pouvoir former les traces, auxquelles sont attachées les idées, qui nous représentent ces objets. (...)
     De là il faut conclure, qu'il est très avantageux de s'exercer à méditer sur toutes sortes de sujets, afin d'acquérir une certaine facilité de penser à ce qu'on veut (...) une certaine facilité à se plier, qui fait que l'on imagine les choses que l'on veut avec beaucoup de facilité, de promptitude, et même [et même! ;-)] de netteté.
     Or le meilleur moyen d'acquérir cette habitude qui fait la principale différence d'un homme d'esprit d'avec un autre, c'est de s'accoutumer dès sa jeunesse à chercher la vérité des choses même fort difficiles, parce [16] qu'en cet âge les fibres du cerveau sont capables de toutes sortes d'inflexion.
»
Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre II, partie 2, chap. I, §II,
RVa, p. 14-15.

 

Et ne pensez pas que la jeunesse à laquelle Malebranche fait référence est uniquement celle de l'enfance !
Il pense à toute la période qui précède la trentième année puisque, selon lui,
«la plus grande perfection de l'esprit est depuis trente ans jusqu'à cinquante ans» (ibid., §II, p. 12).
Aussi, dans votre jeunesse, la possibilité vous est offerte de donner
«force» et «vigueur» à votre esprit (§I, p. 12) en «acqu[érant] de la facilité pour la méditation» (§II, p. 13).
Sur ce point, encore une fois, Schopenhauer s'accorde avec Malebranche :


 « La plus grande énergie et la plus haute tension des forces intellectuelles se manifestent indubitablement pendant la jeunesse, et jusqu'à trente-cinq ans, au plus tard ; à partir de là, elles décroissent, quoique insensiblement. Néanmoins, l'âge suivant (...) [n'est pas] sans compensations intellectuelles. C'est à ce moment que l'expérience et l'instruction ont acquis toute leur richesse ; on a eu le temps et l'occasion [dans la jeunesse] de considérer les choses sous toutes leurs faces, de les méditer ; on les a rapprochées les unes des autres, on a découvert des points par où elles se touchent, les parties par où elles se joignent ; c'est maintenant, par conséquent, qu'on les saisit bien, dans leur enchaînement complet. (...) [402] (...) Mais la jeunesse demeure la racine de l'arbre de la connaissance, bien que seul le sommet en porte les fruits. »
Arthur Schopenhauer, Parerga & Paralipomena,
I.6, Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Chap. VI
traduit par J.-P. Jackson, Coda, 2005, p.401-402.

.

Partager cet article

Repost 0

commentaires