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Bertran de Born

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 13:35



« Pouvait-on concevoir l’histoire, au XIXe siècle, autrement que comme un enchaînement nécessaire d’événements prévisibles ?  [Malgré l’existence de] quelques voix discordantes, il faut bien, pourtant, parler ici, sinon de pensée unique, en tout cas de pensée dominante, voire largement dominante. Certes les suites — décevantes — de la révolution de 1848 et l’écrasement des illusions démocratiques et républicaines par le régime de Napoléon III entraînèrent quelques défections dans le camp des adeptes de la philosophie de l’histoire : George Sand se découragea et, rentrée à Nohant, tourna le dos aux perspectives humanitaires, pour se mettre à écrire des romans champêtres ;

George Sand. Caricature au lavis faite en 1848 à Bourges, probablement par un nommé Gaucher, publié dans Le Monde illustré du 16 août 1884.
Archives départementales de l’Indre, fonds Joseph Thibault

Le dessin plaisante George Sand à propos des gens, parents ou amis qu’elle pourvut de places après la Révolution de 1848 dans l’Indre, le Cher et ailleurs : de dessous ses jupes sortent tous ses enfants politiques dans le costume ou avec les insignes des fonctions qu’ils allaient exercer. (Source)

Jules Michelet, de son côté, exprima sa frustration en multipliant sous le Second Empire des ouvrages sur la nature ou sur les sociétés animales, moins infidèles au plan de la « cité de Dieu » qu’il appelait de ses vœux pour les humains ;

[Michelet] 

François Mignet, enfin, échaudé lui aussi par l’échec de la Seconde République, se mit à dénoncer le fatalisme historique dans les éloges qu’il prononça ès qualités de secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.

      [Mignet]

Pourtant l’échec de 1848 fut loin d’abolir les doctrines de la philosophie de l’histoire et — il suffit de songer à Taine ou à Renan — la seconde moitié du XIXe siècle ne fut pas moins féconde que la première en théories fondées sur l’idée du déterminisme, du progrès et de la rationalité de l’histoire. Et 1848 marque d’autant moins un coup d’arrêt pour ces mêmes théories que cette année-là, précisément, vit la naissance de la plus fameuse d’entre elles. C’est en 1848 en effet que Karl Marx [61] rédigea avec Engels le Manifeste du parti communiste. Le marxisme, qui explique tous les événements du passé à l’aide de la seule clé interprétative de la vie économique et annonce que la fin de l’histoire verra l’établissement d’une société parfaitement égalitaire, doit beaucoup, au demeurant — jusqu’au détour par la phraséologie religieuse, qui frappa Albert Camus — à certains penseurs français de l’époque romantique.


[Carte Postale, v. 1906]

Avec les marxistes, la philosophie de l’histoire avait, indéniablement, encore de beaux jours devant elle. »

Michel Brix,
Le nez de Cléopâtre, Sainte-Beuve et la philosophie de l’Histoire,
Cahors, La Louve éditions, 2007, 154 p., p. 60-61.


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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Penser l'Histoire (2007-2009)
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