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Bertran de Born

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 15:04


Raphaël, Le Parnasse (1509-1510),
détail (Apollon joue du violon entouré des Muses)
(Stanza della Segnatura, Palazzi Pontifici, Vatican)


« La vie de David était toute de labeur. Il aimait l’odeur de la lampe. Minuit le surprenait souvent remuant les débris du monde ancien. Il se levait presque toujours avec le soleil, et s’enfermait dans son atelier sans permettre aux oisifs d’y perdre leur temps. Il y en a qui aiment la vie à deux, il aimait la vie à un.
J’oubliais : il avait un ami. Léonard de Vinci, le maître des maîtres, aimait son violon comme sa palette. Apollon n’eût pas tenu l’archet avec plus de grâce et plus d’inspiration. Ce violon était le chef-d’œuvre de Gaspar Duiffoprugar, le célèbre luthier au nom barbare. Benvenuto Cellini y avait ajouté un manche d’argent ciselé dans ses meilleurs jours, et Raphaël, dans [351] le Parnasse du Vatican, le seul Parnasse habitable pour les dieux et pour les poëtes, représenta Apollon jouant du violon. — Avec le violon de Léonard de Vinci. — Hoffmann a compris l’âme du violon comme le vieux maître de l’école de Florence quand il a écrit les joies douloureuses de Krespel. David l’a compris aussi, et son ami, c’était son violon, — ami sérieux, qu’il n’a jamais permis de railler, — ami de tous les instants, confident de toutes les joies et de toutes les douleurs »
(Arsène Houssaye, Histoire de l’art français au dix-huitième siècle, Paris, 1860, p. 350-351)

On se souviendra qu’Alexandre Dumas utilisait, pour décrire son rapport au travail, des termes identiques à ceux qu’emploie Arsène Houssaye pour décrire le lien qui unissait David à son violon.

Notez d’ailleurs comment le travail (le « labeur ») de David est, par un jeu de références en cascade,  mis en rapport avec l’image d’« Apollon jouant du violon ». Le violon devient la métaphore du travail (qui est art) et de l’art (qui est travail) donnés par les dieux aux hommes pour les aider à réaliser leur condition d’homme en réglant une vie faite de joies et de douleurs.



Primatice (d’après)
Apollon et les Muses au Parnasse
(détail)
Décor de la salle de bal, château de Fontainebleau


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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Marcher
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