





« Gangleri demanda alors : « Quel est le chemin qui mène de la terre au ciel ? »
Le Très-Haut lui répondit en riant : « Voilà une question qui ne témoigne pas d'une grande science ! Ne t'a-t-il donc pas été dit que les dieux firent un pont de la terre au ciel, et qu'il s'appelle Bifrost ? Tu as dû le voir, mais il est probable que tu l'appelles “arc-en-ciel”. Ce pont, qui a trois couleurs, est très solide : il a été fait avec plus d'art et de talent que les autres ouvrages. Mais, tout solide qu'il est, il s'effondrera quand les fils de Muspell arriveront à cheval et l'emprunteront. Leurs chevaux devront alors traverser à la nage de grands fleuves, et ainsi pourront-ils poursuivre leur route. »
Gangleri déclara alors : « Il me semble que ce ne fut pas de bonne foi que les dieux construisirent ce pont, puisqu'il s'effondrera alors qu'ils possèdent le pouvoir de faire toute chose comme ils l'entendent. »
Le Très-Haut répondit : « Les dieux ne méritent pas de reproches pour cet ouvrage. Bifrost est un excellent pont, mais il n'est aucune chose en ce monde qui se révélera sûre quand les fils de Muspell partiront en guerre. » »
NARA
![]()
Le très mince oiseau blanc au miroir de l'étang
est-il vraiment posé sur la branche du pin ?
Quelqu'un l'a-t-il rêvé ? Est-ce une aigrette blanche
existant pour de vrai dans le petit matin ?
Est-ce un oiseau-reflet venu de bien plus loin ?
L'eau de l'étang est noire à la frange du jour
Peut-être à son envers y at-il un autre oiseau
qui ne vient pas du ciel mais du profond de l'eau
pure idée d'une aigrette qui vole sans voler
puis se pose sur l'arbre qui doute d'être un pin ?
L'eau de l'étang s'endort Qui donc fut à Nara ?
Où est passé l'oiseau ? Où est passé le temps ?
Le haut-Bout,Samedi 21 juillet,
lundi 23 juillet 1990Claude Roy, Les pas du silence,Paris, Gallimard, 1993, p. 36
« Frodon et Sam se tenaient comme sous l'effet d'un enchantement. Le vent lança une dernière bouffée. Le feuilles pendirent de nouveau silencieuses aux branches raides. La chanson jaillit derechef, et puis, soudain, sautant et dansant dans le sentier, parut au-dessus des roseaux un vieux chapeau cabossé à haute calotte, avec une longue plume bleue fichée dans le ruban. Un nouveau sautillement et un bond amenèrent en vue un homme, ou tout au moins le semblait-il. En tout cas, il était de trop forte carrure et trop lourd pour un Hobbit, s'il n'était pas tout à fait d'assez haute taille pour être un des Grandes Gens, bien qu'il fît assez de bruit pour cela, clopinant sur d'épaisses jambes couvertes de grandes bottes jaunes et chargeant à travers l'herbe et les joncs comme une vache qui descend boire. Il avait un manteau bleu et une longue barbe brune; ses yeux étaient bleus et brillants, et sa figure d'un rouge de pomme mûre, mais plissée de mille rides de rire. Il portait dans ses mains sur une grande feuille comme sur un plateau un petit tas de lis d'eau blancs. »
« (...) — mes petits amis, dit-il, se baissant pour regarder leurs visages. Vous allez venir à la maison avec moi. La table est toute chargée de crème jaune, de rayons de miel, de pain blanc et de beurre. Baie d'Or vous attend. Il sera temps de poser des questions autour de la table du souper. Suivez-moi aussi vite que vous le pourrez !
Sur ces mots, il ramassa ses lis et, avec un signe de la main, il s'en fut en sautillant et en dansant dans le chemin vers l'est, non sans continuer à chanter d'une voix forte ses chansons dépourvues de sens. »J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, I.7,
Bourgois, éd. du Centenaire, p. 142
« Une porte s'ouvrit, et Tom Bombadil entra. Il n'avait plus de chapeau, et son épaisse chevelure brune était couronnée de feuilles automnales. Il rit et, s'avançant vers Baie d'Or, il lui prit la main.
— Voici ma belle dame! dit-il en saluant les Hobbits. Voici ma Baie d'Or vêtue de vert-argent avec des fleurs à sa ceinture ! La table est-elle mise ? Je vois de la crème jaune et des rayons de miel, du pain blanc et du beurre ; du lait, du fromage, des herbes vertes et des baies mûres récoltées. Cela nous suffit-il ? Le souper est-il prêt ?
— Oui, dit Baie d'Or ; mais peut-être les hôtes ne le sont-ils point ?
Tom battit des mains et s'écria :
— Tom, Tom ! tes hôtes sont fatigués et tu as failli oublier ! Venez, mes joyeux amis, et Tom va vous rafraîchir ! Vous allez nettoyer vos mains sales et laver vos visages las ; débarrassez-vous de vos manteaux boueux et peignez vos cheveux emmêlés ! »J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, I.8,
Bourgois, éd. du Centenaire, p. 147
| Janvier 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||
|
||||||||||
Commentaires