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  • : Aborder les domaines de la physique enseignés en Math Sup. Donner sa place à des promenades littéraires. Rêver et sourire aussi (parfois même avant tout), parce que c'est tout bonnement bon et nécessaire :-)
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Bertran de Born

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 12:18
Les semaines se suivent et parfois se ressemblent... en bien ;-)

Conférence
"Pourquoi j'ai choisi la science ?"
par Didier ROUX

physicien, directeur de recherche
et du développement
chez Saint Gobain

invité par l'Université de tous les Savoirs
à l'IUT de Périgueux
vendredi 16 novembre 2007 de 14h à 16h






Un petit avant goût du (très riche) parcours du conférencier :

Didier Roux (né en 1955), ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, est agrégé de physique, option chimie.
Directeur de la Recherche du Groupe Saint-Gobain depuis 2005.


Après un DEA en chimie organique et une thèse de doctorat d'Etat à l'Université de Bordeaux (sujet : "Influence des interactions intermicellaires sur le comportement critique des mi­croemulsions et leur diagramme de phases") , il travaille 1 an au laboratoire américain d'Exxon dans le New Jersey, puis séjourne à l'Université de Californie de 1986 à 1989.
De retour en France, il devient Directeur du centre de recherche Paul-Pascal, laboratoire du CNRS, et est nommé Directeur de recherche au CNRS en 1990.
De 1998 à 1999, il devient directeur scientifique adjoint de Rhône-Poulenc et membre du Conseil scientifique et technologique de Rhodia.
De 2000 à 2004, Didier Roux sera successivement membre de plusieurs conseils scientifiques et président de la commission de transfert de technologie du Comité consultatif régional de la recherche et du développement technologiques de l'Aquitaine.
Désireux de développer commercialement en parallèle ses découvertes, il a créé deux sociétés dans le domaine de la pharmacie, des cosmétiques et des produits de consommation pour la maison et dans le domaine des instruments de mesure des fluides.

Didier Roux a reçu différents prix :
- En 1992 : Médaille d'argent du CNRS
- En 1993 : Grand prix IBM des matériaux
- En 1995 : Grand Prix de l'académie des sciences Mergier-Bourdeix
- En 2002 : Grand Prix de physique appliquée de la Société Française de Physique
- En 2004 : Prix Chaptal des arts chimiques

Jusqu'à aujourd'hui, il a déposé 13 brevets et a rédigé plus de 140 articles, publiés dans des journaux scientifiques internationaux.

Ses expertises :
* Spécialiste des fluides complexes, polymères, cristaux liquides, colloïdes et interfaces. Alterne travaux expérimentaux et théorique
* Développement de projets à niveau de risque supérieur sur des marchés nouveaux pour avancer dans l'innovation... sans avoir peur de l'échec !
* Relation avec les jeunes pousses et les centres de recherche publics
* Mise en place et soutien de projets transversaux aux différents pôles du Groupe
* Identification des technologies naissantes
* Aide au recrutement de nouveaux talents et au développement des carrières de chercheurs.

Voilà de quoi vous aider à trouver moults questions à poser au "personnage" ;-)

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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Infos et conseils
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 11:24


Le détail des trinômes pour chaque groupe
se trouve sur le document téléchargeable :
 

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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 11:06
icon_pdf  Voici 4 exercices et trois corrigés (EXS9.3 étant une pure question de cours)

Bon travail ! ;-)



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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Exercices Math Spé
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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:31
La rentrée déjà : j'espère que vous avez tous pu bien vous reposer.

C'est l'occasion d'annoncer l'actualité de la fin de semaine, à savoir le Forum des Grandes Ecoles au NTP (théâtre de Périgueux) que les lycées Bertran de Born et St-Joseph organisent le vendredi 09 novembre (à partir de 13h30).

Les élèves lycéens et parents d'élèves pourront venir se renseigner et poser toutes leurs questions concernant les classes prépas (scientifiques, littéraires et économiques) auprès de professeurs, élèves et anciens élèves de ces filières.

Les élèves de Math Sup et de Math Spé de BdB auront l'occasion de rencontrer des élèves ingénieurs venus présenter les écoles d'ingénieurs.
Les élèves de St-Jo pourront entrer en contact avec des élèves de différentes écoles de commerce.

Forum2007


Une autre rencontre devrait suivre. Je vous en ferai bientôt part.
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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Infos et conseils
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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 13:35



« Pouvait-on concevoir l’histoire, au XIXe siècle, autrement que comme un enchaînement nécessaire d’événements prévisibles ?  [Malgré l’existence de] quelques voix discordantes, il faut bien, pourtant, parler ici, sinon de pensée unique, en tout cas de pensée dominante, voire largement dominante. Certes les suites — décevantes — de la révolution de 1848 et l’écrasement des illusions démocratiques et républicaines par le régime de Napoléon III entraînèrent quelques défections dans le camp des adeptes de la philosophie de l’histoire : George Sand se découragea et, rentrée à Nohant, tourna le dos aux perspectives humanitaires, pour se mettre à écrire des romans champêtres ;

George Sand. Caricature au lavis faite en 1848 à Bourges, probablement par un nommé Gaucher, publié dans Le Monde illustré du 16 août 1884.
Archives départementales de l’Indre, fonds Joseph Thibault

Le dessin plaisante George Sand à propos des gens, parents ou amis qu’elle pourvut de places après la Révolution de 1848 dans l’Indre, le Cher et ailleurs : de dessous ses jupes sortent tous ses enfants politiques dans le costume ou avec les insignes des fonctions qu’ils allaient exercer. (Source)

Jules Michelet, de son côté, exprima sa frustration en multipliant sous le Second Empire des ouvrages sur la nature ou sur les sociétés animales, moins infidèles au plan de la « cité de Dieu » qu’il appelait de ses vœux pour les humains ;

[Michelet] 

François Mignet, enfin, échaudé lui aussi par l’échec de la Seconde République, se mit à dénoncer le fatalisme historique dans les éloges qu’il prononça ès qualités de secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.

      [Mignet]

Pourtant l’échec de 1848 fut loin d’abolir les doctrines de la philosophie de l’histoire et — il suffit de songer à Taine ou à Renan — la seconde moitié du XIXe siècle ne fut pas moins féconde que la première en théories fondées sur l’idée du déterminisme, du progrès et de la rationalité de l’histoire. Et 1848 marque d’autant moins un coup d’arrêt pour ces mêmes théories que cette année-là, précisément, vit la naissance de la plus fameuse d’entre elles. C’est en 1848 en effet que Karl Marx [61] rédigea avec Engels le Manifeste du parti communiste. Le marxisme, qui explique tous les événements du passé à l’aide de la seule clé interprétative de la vie économique et annonce que la fin de l’histoire verra l’établissement d’une société parfaitement égalitaire, doit beaucoup, au demeurant — jusqu’au détour par la phraséologie religieuse, qui frappa Albert Camus — à certains penseurs français de l’époque romantique.


[Carte Postale, v. 1906]

Avec les marxistes, la philosophie de l’histoire avait, indéniablement, encore de beaux jours devant elle. »

Michel Brix,
Le nez de Cléopâtre, Sainte-Beuve et la philosophie de l’Histoire,
Cahors, La Louve éditions, 2007, 154 p., p. 60-61.


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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Penser l'Histoire (2007-2009)
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 21:02
Cliquer sur l'image pour l'afficher en plus grand.




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Published by Qadri Jean-Philippe - dans Mécanique
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 17:45
Tout d'abord, je suis très heureux (si, si ;-)) de constater que vous travaillez vos DL pendant le week-end et que ceux qui peuvent commencent de profiter du blog pour poser des questions et demander des précisions.
J'ai donc répondu avec plaisir à la question de "Rododindron" sur le DL n°5.
J'espère qu'il (ou elle) aura pu la lire à temps pour avancer dans ses recherches et qu'elle sera utile à chacun. Bon courage à vous comme à lui (ou elle).


Seulement, voilà... je ne connais aucun Rododindron, pas plus que Scott ;-)

Alors je sais que j'aime sourire en classe avec ce mot, "Rhododendron" (piqué sans modification au latin, du grec rhodon, "rose", et dendron, "arbre", me dit Le Petit Robert) pour vous faire comprendre que la notation d'une grandeur physique n'a rien à voir avec sa définition.
Ainsi, on pourra toujours noter "a" ou "gamma" ou... "Rhododendron" l'accélération d'un point matériel, cette accélération n'en sera pas moins, quelque soit sa notation, la dérivée de la vitesse par rapport au temps.
Mais, parce que nous ne sommes jamais obligés de faire tout ce qui nous est possible, on choisit la notation la plus répandue parce que la plus évidente, à savoir "a".

Il ne faut donc jamais confondre une notation (purement symbolique et censément pratique), avec la définition ou le nom de la grandeur à laquelle cette notation est censée renvoyer.

Si à la place de la grandeur, vous considérez une personne (votre cher maître et dévoué serviteur ou bien vous-mêmes), le nom (unique) de cette personne (qui concerne son identité) est bien plus important que les pseudonymes qu'elle est susceptible d'utiliser (pour autant se faire [re]connaître d'une minorité et que se dérober au reste du monde ou pire, dans le cas qui nous concerner, à son interlocuteur).

Donc lorsque vous participez sur ce blog (et c'est bien, très bien, je vous encourage tous à le faire :-)), je vous prie de vous présenter sans masque, ne serait-ce que parce que cela fait plaisir de savoir à qui on s'adresse. Par ailleurs, votre prénom et l'initiale de votre nom (si vous ne voulez pas dévoiler votre nom en entier sur la toile) permettront de donner un peu de sincérité et de chaleur à nos échanges. Merci d'avance.



«Quand elle chantait, on aurait cru qu'un ange était descendu de la cime des monts terribles pour charmer la vallée. Tous les jours de la belle saison, on nous amenait à cette pierre, qu'on appelle ici le rocher des aveugles, et où le meilleur des pères nous suivait de tous les soins de l'amitié. Il y avait alors autour de nous des touffes de rhododendron, des tapis de violettes et de marguerites, et quand notre main avait reconnu une de ces dernières fleurs à sa tige courte, à son disque velouté, à ses rayons soyeux, nous nous amusions à en effeuiller les pétales, en répétant cent fois ce jeu qui sert d'interprète aux premiers aveux de l'amour. - Si la fleur menteuse se refusait à l'expression de mon unique pensée, je savais bien le dissimuler à Eulalie par une tromperie innocente. Elle en faisait peut-être autant de son côté. Et aujourd'hui, cependant, il ne me reste rien de tout cela.»
(Charles Nodier, Les aveugles de Chamouny,
Fantaisies et légendes (1830-1838),
Contes)













(Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Troisième série, Q-T. 1874, Gallica)


«Mais ces effets de la réverbération sont surtout sensibles dans les fleurs : ce sont des réverbères qui renvoient les rayons solaires de toutes parts ; elles paraissent proportionnellement plus grandes que le reste du végétal qui les porte. Voyez un rhododendron ou un rosier fleuri, vous croiriez qu' une flamme est attachée à chacune de leurs fleurs ; une lumière sensible s' en fait apercevoir au loin. Il est impossible qu' il ne sorte pas aussi quelque chaleur des fleurs. Façonnées en miroirs plans, concaves, paraboliques, et quelquefois vernissées, comme celles de nos bassinets, elles produisent encore plus fortement que les simples feuilles les effets des murs et des ados de nos jardins.»
(Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814),
Harmonies de la nature
(ed. 1840)
Livre I, Gallica)



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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 17:47


« Je lisais hier les Méditations d’un socialiste qui annonçait quelque empereur, ou quelques consuls, ou quelques triumvirs, enfin un changement de régime, par faillite du système parlementaire. Le microbe Boulangiste(1) travaille dans cette tête. Et cette instabilité d’esprit n’est pas rare chez ceux qui vivent à la surface de la nation et à la surface d’eux-mêmes. Je les compare à ceux qui croient volontiers que la découverte du radium(2) a jeté toute la physique par terre. Ce sont des caractères du genre Polémique, qui ne s’instruisent que par négation et destruction ; et la marche propre de leur réflexion, c’est la réfutation d’eux-mêmes. Il y a un peu trop d’humeur dans leurs opinions ; un peu comme dans ces mariages de princesses et d’artistes, bientôt suivis du divorce. (…)

Un des éléments de la culture réelle, certainement trop négligé dans ce temps où tous savent tant de choses, c’est la connaissances des passions. On croit naïvement que l’esprit de chacun est comme une boussole qui s’oriente naturellement vers les idées vraies ; mais, en réalité, nous ne sommes pas dans une situation aussi favorable. Vous connaissez la fable d’un animal dans la Lune ; il était dans la lunette ; et il faut dire que nos lunettes naturelles sont pleines de mouches.

Aussi le jugement naturel, sans réflexion et sans critique, nous conduit naturellement à l’erreur. Et cette proposition elle-même, si elle tombe sous les yeux d’un homme aigri, et toujours emporté par son premier mouvement, lui fera dire : « Tout est contesté et contestable ; ma raison ne règle pas seulement mes pensées, comment réglerait-elle la vie commune ? » Et ce n’est encore qu’un mouvement d’humeur.

Il faut de la patience pour ajuster une montre ; mais que serait-ce si les rouages de la montre avaient de l’impatience aussi ? C’est le cas pour nos pensées. Il y a une pensée convulsive, tendue, trépidante, sibylline, qui vaticine pour elle-même sur le trépied et dans les fumées. Éloquente, touchante, convaincante. Ce n’est pourtant pas dans cet état que l’on ferait une addition correcte.[41] C’est alors que le Sage reconnaît le tumulte du corps, et se donne un petit travail de patience, presque sans pensée, comme d’ajuster ou de jardiner, comptant pour rien ces oracles intérieurs, attendant au contraire quelque courant de pensée lent, calme et régulier où il puisse discerner ses propres opinions. Bacon disait que pour saisir le vrai il faut la ruse et l’immobilité du chasseur à l’affût. Mais c’est trop peu dire ; car, dans la chasse aux opinions, le moindre mouvement vif anime toute la forêt. La danse sacrée fait les visionnaires. Toute émotion est prophétesse. Il faut effacer à mesure ces opinions violentes qui sont des ripostes, et tous ces discours à poings fermés. Ce n’est pas quand la cheminée fume qu’un mari peut juger sa femme. »

Alain, Les Propos d'un Normand de 1914,
propos n°2873, 1er février 1914, p. 41-42.

(1)
Le boulangisme (1886-1889) : flambée d'agitation antiparlementaire et nationaliste, violente mais brève, en faveur du général Boulanger, le "général Revanche", qui eût voulu instaurer en France une République autoritaire, de type consulaire et plébiscitaire.

(2)

C'est «le 26 décembre 1898, presque trois ans, jour pour jours après la découverte [des rayons X par] Röntgen, [et quelque mois après la découverte du polonium, qu']un autre élément nouveau est découvert. Ses propriétés chimiques s'apparentent (...) à celle du baryum, et sa capacité à émettre des rayonnements, que les savants appellent désormais "radioactivité", est considérable. Pierre Curie, Marie Curie et Gustave Bémont, qui signent la découverte de ce nouvel élément, proposent de l'appeler "radium".
Cette nouvelle découverte (...) vaudra à ses auteurs une notoriété sans égale. Comme nous le verrons [plus tard] celle-ci sera due notamment aux propriétés extraordinaires, presque miraculeuses, du radium.
» (René Bimbot, Histoire de la radioactivité, Paris, Vuibert/Adapt, 2006, p. 20-21)

Marie Curie et Pierre Curie
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Published by Q. - dans Marcher
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 22:48




En attendant ce beau jour, je confirme que le prochain devoir à la maison est à rendre pour le vendredi 19 octobre prochain. Bon courage dans vos recherches.

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Published by Q. - dans Sourire
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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 20:03

Lorsque "optique catadioptrique" rime avec "sémiotique théologique" ;-)


Robert Campin
Saint Jean-Baptiste et le donateur, Henrich Von Werl (1438)
Madrid, Prado.


« Dans le volet gauche du triptyque Werl (1438), dont le panneau central est perdu, le Maître de Flemalle a lui aussi placé un miroir convexe derrière les personnages. Le tableau représente le donateur, le théologien Henrich von Werl, professeur à l’université de Cologne (...), accompagné de Saint Jean Baptiste. Ce dernier tient une Bible sur laquelle se trouve un agneau qu’il effleure de la main droite (Saint Jean Baptiste avait reconnu dans le Christ “l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.” Jean, 1,29). Entre les deux personnages se trouve un miroir convexe accroché à un clou grâce à une ficelle et plaqué contre la paroi de bois qui divise en deux parties la grande salle voûtée.

Comme dans le Mariage des Arnolfini, cet objet révèle l’existence d’éléments nouveaux. Il ouvre lui aussi la composition sur le monde extérieur : le reflet de la fenêtre fait apparaître deux maisons à hauts pignons. Le miroir convexe révèle également la présence de deux personnages qui se tiennent à l’autre extrémité de la pièce, près d’une porte ouverte, et qui regardent en direction du théologien et de Saint Jean Baptiste.

 


Saint Jean-Baptiste et le donateur, Henrich Von Werl (1438), détail.

La différence majeure entre ce tableau et celui de van Eyck réside dans le centrage de la composition. Ici, les spectateurs ne coïncident pas avec les personnages révélés par le miroir. Notre position est décalée vers la droite par rapport au centre de l’image. On peut s’interroger sur la raison d’être de ce glissement et sur d’autres aspects surprenants qui rendent ce tableau mystérieux : pourquoi le visage du Christ enfant est-il barré par une poutre ? Pourquoi le miroir ne renvoie-t-il pas l’image du théologien ? Pourquoi le fil qui retient le miroir est-il croisé ? Le mystère, dirait le Oscar Wilde du Picture of Dorian Gray, ce n’est pas l’invisible, c’est le visible…

Le miroir n’est pas positionné au centre de la composition, comme l’indique la ligne de fuite de l’ensemble et le regard du spectateur n’est pas, lui non plus, dans l’axe que soulignent les deux poutres verticales qui soutiennent la voûte. Il est permis d’affirmer que si le regard des personnages révélés par le miroir se porte sur le miroir convexe (comme cela semble être le cas), ce dernier, en vertu des lois de la catoptrique, doit leur révéler la présence des personnes qui regardent le tableau.

Le miroir est fascinant ici du fait de cette inclusion du spectateur dans un jeu de regards, un jeu d’observations qui se tisse au sein de la composition. A l’ailleurs représenté par la porte ouverte au fond du reflet répond l’ailleurs du regard que nous portons sur le tableau. Tourner le miroir convexe et en plaquer la face contre la paroi de bois permettrait de faire disparaître les lieux multiples que le reflet a révélés, de refermer le passage ouvert par l’artiste. C’est en tout cas ce que semble indiquer la torsion de la ficelle qui retient le miroir : il a effectivement été retourné et il est probablement le plus souvent face contre le mur. La scène représentée est le prétexte à un échange de regards, ce qui implique que le reflet que l’artiste a figé n’a pas un statut plus stable que celui qui s’offre aux yeux des personnages placés au fond de la pièce. En d’autres termes, c’est notre silhouette, à nous spectateurs ou le “spectre” du peintre, qui se trouve aussi dans le miroir, en même temps. Mais cet objet dit plus encore : il intrigue aussi par ce qu’il semble refuser de montrer. Un examen minutieux permet en effet de constater que Henrich von Werl n’apparaît pas dans le miroir : il se trouve derrière une porte entr’ouverte qui fait écran. L’analyse des jeux de reflets que contient le miroir convexe pourrait pousser à penser que le théologien entend s’inscrire uniquement dans le monde fini, délimité de la scène représentée afin de ne pas basculer dans le champ de l’image instable et illusoire que le miroir génère. En d’autres termes, le donateur est bien dans le réel et il refuse d’être vu autrement que dans le cadre de l’incarnation. Il refuse, pour citer les Écritures, (Paul, 1ère épître aux Corinthiens) d’être appréhendé “dans un miroir, obscurément”.

Mais l’indice le plus flagrant de l’importance que le peintre a accordée au regard se trouve dans un détail à l’arrière plan de la scène : c’est la poutre horizontale qui masque une partie de la grisaille représentant une statue de la Vierge à l’Enfant. Il serait erroné de penser que le but de l’artiste était de masquer au spectateur le visage de l’enfant. Par contre, en inversant le problème, il semble plus probable que le peintre ait fait en sorte que le spectateur ne puisse pas se trouver dans le champ de vision de l’enfant : si nous ne voyons pas son visage, c’est que nous échappons à son regard. Regard de pierre, mais regard tout de même et impossible échange. La statue du fond fait écho au phénomène qui affecte le miroir. L’artiste semble avoir placé le spectateur dans une position intermédiaire entre présence et absence puisqu’il est révélé à certains personnages par l’entremise du miroir mais caché à la vue du Christ. Une fois le miroir retourné, le spectateur échappe au regard de la statue, statue de pierre en grisaille entourée de statues de couleurs (Werl et saint Jean Baptiste), ainsi qu’aux personnages en retrait. Plus rien n’existe alors qu’une image qui s’abîme dans sa fixité. »

Jean.-Louis Claret,
dans “Shakespeare Fuit Hic : Reflets en quête de miroir”.
EREA 2.1 (printemps 2004), 32-40.


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Published by Q. - dans Optique
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