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  • : Aborder les domaines de la physique enseignés en Math Sup. Donner sa place à des promenades littéraires. Rêver et sourire aussi (parfois même avant tout), parce que c'est tout bonnement bon et nécessaire :-)
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Bertran de Born

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 02:28
Coïncidence du jour, le sommaire de Pour la Science du mois d'octobre traite de l'imagination et commence en citant le texte de Baudelaire que nous avons rencontré hier ! :
« Selon Beaudelaire, « L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai » (Curiosités esthétiques, 1868). L’imagination peut tout, le possible se contentera de miettes.
Que dire de l’imagination du possible ? Ou du possible de l’imagination ? Bien sûr, il est banal de combiner ainsi les mots : tel ou tel conférencier pourrait aborder « Raison de la connaissance ou connaissance de la raison », « Aléas de l’économie ou économie des aléas », « Intériorisation de la douleur ou douleur de l’intériorisation », etc. Pourtant, ce ne sont pas simples jeux de mots, et de telles associations défient notre perception. L’esprit travaille sur les représentations des mots et leur métamorphose. Il combine et invente de nouvelles images mentales, des idées, des situations, des mondes. L’imagination est stimulée.
Imagination des artistes jonglant avec les images mentales, par exemple les figures impossibles, qu’étudie Jean-Paul Delahaye (voir Impossible ! En êtes-vous certain ?, page 90). Ces figures sont décomposées et analysées par le système visuel, puis les différentes parties rassemblées ; mais, au moment où il tente de concilier toutes les informations, le cerveau se trouve confronté à un paradoxe : l’escalier d’Escher qui ne cesse de monter tout en descendant, l’objet plein qui devient creux.
Imagination matérielle des océanographes qui, étudiant les données climatiques, modélisant les courants marins, les mouvements de l’atmosphère, les variations de températures, remettent en question l’un des dogmes de la climatologie : la douceur angevine ne devrait pas tout au Gulf Stream (voir Gulf Stream et douceur du climat européen, page 40).
Imagination transcendantale des mathématiciens, faculté qui, chez Kant, relie l’intuition aux concepts. Quatre mathématiciens viennent de recevoir une médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques (voir Les médailles Fields 2006, page 28). Cette distinction est décernée tous les quatre ans depuis 1936, à quatre mathématiciens (au plus) âgés de moins de 40 ans. Le Français Wendelin Werner fait partie des lauréats ; les mathématiciens français ont été récompensés neuf fois depuis la création de ce prix (juste après les États-Unis, le pays comptant le plus de lauréats, avec 13 médaillés). Imagination féconde ? Abstraction supérieure ? Esprit cartésien ?
Comme tous les grands prix, la médaille Fields traduit la reconnaissance d’une communauté internationale, ici celle des mathématiciens, envers quelques pairs dont les travaux ont fait progresser le champ des recherches. Pourtant, le Russe Grigory Perelman, qui a démontré la conjecture de Poincaré (ayant résisté aux mathématiciens pendant plus d’un siècle), a refusé la distinction. En 1966, un autre médaillé Fields, Alexandre Grothendieck, avait agi de même : il ne s’était pas rendu au Congrès de Moscou pour recevoir sa distinction. Il entendait ainsi protester contre le régime soviétique. En 1970, A. Grothendieck abandonna les mathématiques pour se consacrer à un nouvel univers, celui de la contestation politique. Est-ce l’avenir de G. Perelman ?
»
Françoise Pétry, Imaginer le possible,
Editorial de Pour la Science, n°348, octobre 2006.

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